Un siècle d'or espagnol
Un siècle d'or espagnol
332 pages
De la démographie à la peinture, en passant par la gastronomie et la poésie, le livre de Bartholomé Bennassar est un
étonnant kaléidoscope d’images étranges et discordantes. Côte à côte : hidalgos, saints et picaros, les nains et les rois,
l’ascèse et la fête, l’orgueil aristocratique et l’idéal évangélique. Un monde foisonnant, bigarré, aux tensions de plus en plus
vives, créatrices d’idées et de théories nouvelles, de formes artistiques insolites, d’une superbe littérature. Pourtant, dès
1640, tous les éléments - démographiques – économiques – militaires, sont réunis pour ruiner le rêve de grandeur nourri
par Charles Quint et Philippe II : un miracle collectif s’achève. L’Espagne glisse dans la décadence, la première en Europe
à être vécue « de l’intérieur » depuis la chute de l’empire romain. Charles Quint, Philippe II, Cervantes, Loyola, Velasquez,
saint Jean de Croix, sainte Thérèse d’Avila, Lope de Vega, El Greco, Calderon, Zurbaran… Entre la Renaissance italienne
et le règne de Louis XIV, le siècle est espagnol. Superpuissance mondiale, l’Espagne n’a alors d’autre adversaire à sa
mesure que le seul empire ottoman. Nation jeune, jouissant longtemps d’une paix et d’une sécurité eÎptionnelles pour
l’époque, irriguée par le « fabuleux métal » américain, elle exporte simultanément la guerre, sa monnaie qui fait prime dans
le monde – comme le dollar aujourd’hui – sa théologie et sa mystique, ses modes vestimentaires et littéraires.

