Le mot de Cambronne
Le mot de Cambronne
Sait-on que le général Cambronne avait épousé une native d'Outre-Manche ?
L’Angleterre d'avant l'ère de la mini-jupe a souvent passé chez nous pour le royaume de la pruderie pudibonde.
De là à imaginer que Mme Cambronne ne connaît pas certains mots, notamment celui de son mari, que chacun met de la malice à y faire allusion et qu'elle désire l'apprendre enfin - il n'y a qu'un pas franchi avec brio dans la comédie intitulée "Le mot de Cambronne".
Tout n'y est pas que fantaisie en costumes d'époque : Sacha Guitry lance selon son habitude plus d'un trait acéré sur le bonheur, les plaisirs de la vie, la méchanceté ou la muflerie.
De même "Chagrin d'amour" n'est pas qu'un conte spirituel sur la naissance d'un air célèbre et un bref portrait de la cantatrice Sophie Arnould.
Et si "Une lettre bien tapée" est une pochade où une cervelle légère échange un dimanche à Amboise contre un manteau de vison, c'est le regret de l'amour vrai qui pousse le héros d' "Un soir quand est seul" à rouvrir sa porte égoïstement fermée. Pour rien, d'ailleurs, car "on" dormait...
Ironie du sort qui vaut bien la conclusion d' "Une paire de gifles".
Sacha Guitry a aussi l'art de nous émouvoir. Il nous le prouve avec "Deux couverts", histoire d'un dîner manqué et d'un père déçu.

