Un printemps en Sibérie
Un printemps en Sibérie
189 pages
Assis devant mon feu, je sculpte maintenant un petit bâton strié, muni d'une hélice qu'on fait tourner en raclant avec une baguette en biseau, et les deux jeunes filles m'observent sans rien dire, serrées contre leur père, un peu méfiantes de cette amitié étrange nouée avec un étranger, mais ravies de grignoter mes barres de chocolat. (...) Cette Sibérie que je n'arrivais pas à cerner, à appréhender, dans laquelle je ne discernais ni odeur dominante ni musique, qu'un moment j'avais simplifiée en un élément difficilement- maniable ; la forêt, et surtout sa couleur - le vert -, avec l'apaisement qu'il implique mais aussi l'inutilité, la trop grande amplitude d'une couleur unique, cette Sibérie est désormais faite de visages et de gestes, de regards et d'échanges. Woïto-gol est un lieu parfait du monde, 1675 mètres, douze degrés.

