Mon livre surprise
Mephistophela
Mephistophela
Catulle Mendès (1841-1909), poète, romancier, conteur, dramaturge, journaliste, critique et musicologue, a occupé une place centrale dans la vie littéraire de son temps. Dans une production abondante, et parfois inégale, Méphistophéla, publié originellement en 1890 et jamais réédité depuis 1903, est sans doute l'un de ceux qui méritent de demeurer.
Salué par ses contemporains comme une oeuvre majeure, ce roman "urticant et cruel", suivant l'expression de Jean Lorrain, traite d'un double thème baudelairien, incarné dans une même figure de femme : les paradis artificiels et les amours lesbiennes.
Jetée vers le saphisme, la haine et le dégoût de l'homme par une désastreuse nuit de noces, la baronne d'Hermelinge, qui a changé son prénom, Sophie, contre celui, plus masculin, de Sophor, représente un type assez répandu dans la société et l'imaginaire fin-de-siècle : la femme virile, l'Amazonne. Et comme le remarquait un critique du temps : "Sophor peut bien faire pâlir toutes les 'Saphos' modernes et même la Sapho de Lesbos".
L'autre motif, complémentaire, de ce détraquement féminin, est la morphine, qui prend désormais la place du haschich baudelairien.

